Je suis convaincu que nous vivons dans un monde parallèle, où les parlementaires sont des acteurs de comédie qui se prennent au sérieux, où les débats sont des sketches comiques qui font rire la galerie, et où la politique est un jeu de rôle où chacun prétend être le héros de son propre film.
Cette année, l’Assemblée nationale a offert un spectacle à couper le souffle, avec des polémiques qui ont fait voler les couvercles, des débats qui ont été des véritables concours d’éloquence, et des réformes qui… attendent, eh bien, attendent. Sans majorité claire au Palais-Bourbon, le gouvernement a dû adapter sa méthode.
Je suppose que c’est comme lorsqu’on perd la clé de la maison, on finit par chercher les fêlures pour entrer. Mais en réalité, on a plutôt l’impression qu’ils ont fait leur réflexe habituel : ils se sont mis à répéter en boucle que “la France est au bord du précipice” et que “nous sommes aux prises avec des défis sans précédent”.
Autant dire qu’ils ont inventé le jeu du “je t’assure que les choses vont aller bien” tout en se frottant les mains. La recherche de travaux transpartisans n’a pas empêché les débats d’être tendus dans l’Hémicycle et en dehors. C’est comme lorsqu’on joue à un jeu de société avec des personnes qui ne veulent pas suivre les règles. Eh bien, on leur donne un jeu de société, et ils décident de faire leur propre règle, et on leur donne le jeu… et ainsi de suite. Selon l’experte de la communication, Claire Lefort, “la communication politique est devenue un exercice de style, où les parlementaires se livrent a des duels verbau. C’est comme lorsqu’on regarde des match de boxe, mais sans l’intérêt”.
C’est vrai, mais du moins, dans les matchs de boxe, les adversaires se battent pour gagner, et pas pour se faire du souci pour l’avenir de la planète. Et puis, il y a la question des réformes. Ah, les réformes ! C’est comme les promesses de mariage avant de se marier. On promet tout et son revers, mais on se souvient bien de ne rien avoir fait. Selon l’expert de la politique, Jacques Delors, “les réformes sont comme les bonbons de la politique, on les avale pour les croquer, mais on les engloutit pour les oublier”. C’est une citation que je ne comprends pas vraiment, mais qui sonne bien, n’est-ce pas ? Cette année, l’Assemblée nationale nous a offert un spectacle à la fois fascinant et ennuyeux, un peu comme lorsque l’on regarde la télé en attendant que le match commence. On regarde les politiciens qui se disputent, qui s’engueulent, qui se mettent en scène, et on pense : “Ah, j’aurais bien aimé être là pour voir ça en personne”.
Mais à la fin, on se lève pour aller chercher ses chaussures et l’on pense : “Ah, j’aurais mieux fait de rester au lit”. Je ne sais pas ce qui meurt chez nous, mais peut-être que c’est juste notre esprit de compétition. On se disputer pour gagner, mais on ne sait pas vraiment ce que c’est qu’une victoire. On se bat pour les mots, mais on oublie de dire les choses. On nous dit que la politique est importante, mais en réalité, c’est juste un jeu de rôle où chacun prétend être le héros de son propre film. Je suppose que c’est ainsi que nous avons fini par nous retrouver dans cette situation délicieusement étrange de politique où tout le monde se dispute pour dire que tout le monde a raison.
DISCLAIMER: Article satirique. La vérité fait mal mais elle fait du bien. Alors ne la prenons pas trop au sérieux.

