Satire
Une pétition signée par plus de 700 000 personnes réclame la suppression de la chaîne, mais la procédure relève d’un organe que les députés ne connaissent même pas en entier.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) vient de rappeler, avec la solennité d’un notaire de notoires notations, que la décision de retirer une chaîne de la TNT n’appartient pas aux députés, mais à son propre mandat de 27 000 pages de procédures. Dans le même temps, la commission des « Délibérations Inutiles mais Imposées » a classé la question comme « hors du cadre », ce qui, selon les experts, équivaut à l’équivalent administratif du « c’est pas mon problème ».
Pr Edmond Vexé, directeur de l’Institut national des Sciences Approximatives, a expliqué que la suppression d’une chaîne requiert la rédaction d’un formulaire de type « X‑7B‑α », suivi d’une série de contrôles de cohérence qui, dans la pratique, prennent exactement 12 842 minutes, soit 213,37 heures. « Il faut d’abord vérifier que la chaîne ne diffuse pas de programmes en 8K, car le règlement prévoit un seuil de 10 % de contenu haute résolution pour être éligible à la suppression », a-t-il ajouté, les yeux mi-clos sur un tableau qui affichait le nombre de pétitions signées en 2025 comme un tableau de bord de fusée.
Solange Lucide, sociologue de comptoir, a quant à elle dénoncé le phénomène de la « démocratie de la signature ». Selon elle, le fait que 712 342 personnes aient signé la pétition équivaut à « un taux de participation de 0,91 % du corps électoral, ce qui prouve que la majorité préfère rester dans son canapé que de s’engager dans un processus de suppression télévisuelle ». Elle a suggéré, à la place, de lancer une campagne de collecte de chaussettes pour les députés, afin de les inciter à se lever et à parler du problème.
Un haut fonctionnaire, qui a requis l’anonymat sous le sceau « Bureaucratie de l’Absurde », a précisé que le CSA doit, avant toute suppression, publier un avis d’impact environnemental du signal qui disparaîtrait, ainsi que le calcul du nombre de spectateurs qui devront réallouer leur attention à d’autres chaînes. Le calcul, il l’a avoué, aboutit à la conclusion que 1 984 000 heures de télévision seraient « réaffectées à du contenu de moindre qualité », un chiffre qui, selon les standards de la régulation, justifie le maintien de la chaîne.
En définitive, la pétition, bien qu’impressionnante dans son ampleur numérique, s’éternise dans un labyrinthe administratif où chaque décision nécessite un formulaire, une étude d’impact et, souvent, un café supplémentaire. Le résultat final est une situation où la chaîne continue de diffuser, les signataires restent sur leurs listes de contacts, et le CSA se félicite d’avoir appliqué la loi à la lettre, même si la lettre était écrite dans une langue que personne ne parle réellement.
La dernière remarque du CSA, publiée dans le journal officiel de la bureaucratie, était sans équivoque : « Le silence administratif est la meilleure réponse à un bruit de pétition. »
Pièce justificative : basé sur « Peut-on "supprimer CNews" ? On répond à quatre questions sur la fermeture de la chaîne, réclamée par plus de 700 000 personnes dans une pétition » (franceinfo.fr).
Article satirique. La vérité fait mal mais elle fait du bien. Alors ne la prenons pas trop au sérieux.
