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Satire

Face à l’enchaînement des protestations, le pays semble chercher la formule magique qui expliquerait la colère collective.

Le professeur Edmond Vexé, directeur de l’Institut national des Sciences Approximatives, a publié ce matin une étude intitulée « Equation du mécontentement français », dans laquelle il prétend avoir isolé le facteur X, variable unique capable de convertir chaque manifestation en vote décisif. Selon Vexé, le facteur X résulte de la multiplication du nombre de pancartes (en moyenne 1 842 par manifestation) par le niveau moyen de caféine consommée par les manifestants (3,7 tasses) et par le coefficient de « défiance institutionnelle » mesuré à 0,98. Le produit donne 6 653,9, chiffre que le chercheur proclame « dépassant le seuil de 5 000, seuil au‑dessus duquel la mobilisation devient électorale ».

Solange Lucide, sociologue de comptoir et porte‑parole du bon sens qui a toujours tort, a immédiatement contesté la méthodologie de Vexé. Elle avance que la variable oubliée est le « temps d’attente aux toilettes publiques », estimé à 12 minutes en moyenne, un facteur qui, selon elle, augmente le taux de radicalisation de 0,03 % par minute d’attente. En multipliant ce nouveau paramètre par le nombre de manifestants moyens (23 417) et par le nombre de slogans répétés (4,2), elle obtient 1 172 800, chiffre qu’elle qualifie de « déflationner l’opinion publique plus efficacement que n’importe quel sondage officiel ».

Le livre de Gérald Andrieu, « Nous les Français », publié avant l’éruption des mouvements, a d’ores et déjà été relu à l’envers par un haut fonctionnaire anonyme qui, selon ses confidences, aurait découvert que le texte renferme une série de codes secrets. Chaque paragraphe contiendrait en réalité un indice pour la répartition des postes de police en fonction de la densité de cafés à proximité. Le fonctionnaire a indiqué que le gouvernement envisage désormais de placer des brigades de « patrouilleurs à espresso » dans les arrondissements où le nombre de machines à café dépasse le ratio de 1,2 par kilomètre carré, afin d’« intervenir avant même que la colère ne prenne forme ».

Paradoxalement, les statistiques de l’Institut national des Statistiques et des Études Économiques (INSEE) publiées hier montrent que, malgré le flot incessant de slogans et de drapeaux, le taux de participation aux urnes reste stable à 69,3 % depuis le premier tour de la présidentielle. Cette constance a conduit le ministère de l’Intérieur à envisager la création d’un nouveau poste de « ministre de la constance électorale », dont le mandat serait de maintenir le niveau de participation à tout prix, même en recourant à des campagnes de persuasion basées sur le simple rappel de la date du vote.

En définitive, si la France s’enfonce dans un labyrinthe de calculs absurdes, de cafés stratégiquement placés et de titres de postes inventés, la réalité demeure simple : chaque manifestation, chaque cri, chaque pamphlet n’est qu’une note de la même partition qui s’écrit depuis des décennies. La société continue de jouer une symphonie où le chef d’orchestre semble avoir perdu la baguette, mais où les musiciens, armés de pancartes et de caféine, persévèrent à jouer. La chute finale qui claque.

Source : basé sur « Mobilisations en France : “Nous les Français”, une autre histoire de la France » (france24.com).

Lire l’article original sur france24.com

Article satirique. La vérité fait mal mais elle fait du bien. Alors ne la prenons pas trop au sérieux.

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